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Le théâtre s’invite aux Moulins

Rencontre avec Frédéric Rey, chef du secteur culturel de l’association La Semeuse et metteur en scène

Propos recueillis le 28 août 2020

Le théâtre s’invite aux Moulins

Le 3 octobre, la troupe du Théâtre de la Semeuse va jouer Le Merveilleux Voyage de Marco Polo au complexe sportif du Mercantour. Ce spectacle de commedia dell’arte a été écrit par la troupe et produit par l’association La Semeuse. Frédéric Rey, chef du secteur culturel de l’association et metteur en scène, nous présente le projet.

D’abord, qu’est-ce qu’un spectacle de commedia dell’arte ?

C’est un genre de théâtre populaire italien, né au XVIe siècle. Les comédiens sont masqués et improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse et l’ingéniosité. En ce qui concerne Le Merveilleux Voyage de Marco Polo, nous n’improvisons pas directement devant le public. Nous avons eu recours à l’improvisation au cours des répétitions et de l’écriture des scènes, qui a été collective. L’autre particularité de la commedia dell’arte, c’est la capacité des acteurs à jouer devant des nobles comme sur un marché, nous prônons ce théâtre citoyen. J’aime d’ailleurs citer Victor Hugo qui dit : « Le théâtre instruit mieux qu’un gros livre ».

Et quelle est « votre » commedia dell’arte ?

Nous jouons sous une forme vivante, mettant en avant le chant, la danse, l’escrime, tout en étant exigeants sur le contenu et les valeurs qui sont défendues. On chante, on danse et après on parle. C’est une vieille recette de nos ancêtres pour attirer le public. D’ailleurs, c’est dans cette logique que nous faisons une parade dans le quartier une heure avant la représentation. Nous sommes en costumes, nous chantons, et nous annonçons le spectacle. À l’Ariane cet été, cela a été très enthousiasmant quand nous avons vu que des gens nous suivaient spontanément, en tapant dans leurs mains. Nous avons réuni environ 300 personnes ce jour-là.

Pourquoi jouer une pièce de théâtre aux Moulins ?

Pour faire venir le théâtre populaire dans les quartiers, le faire connaître. Nous intervenons depuis dix ans dans les quartiers de Nice. Nous avons commencé avec la première représentation des Monologues du vagin aux Moulins. La troupe avait beaucoup échangé avec les habitants. Pour notre deuxième projet, une pièce sur Catherine Ségurane, sous l’angle de son combat féministe, nous avons fait venir les jeunes au centre culturel La Providence. Favoriser l’ouverture au monde, aux autres est une des valeurs de l’association La Semeuse qui mène le projet.

À quoi sert le théâtre ?

C’est un vecteur de débat démocratique. Avec le théâtre, on peut débattre sur le devenir d’un quartier, d’une ville, amener à des questionnements à travers les personnages. Dans la pièce, Marco Polo a 15 ans lorsque son père lui propose de l’accompagner voir l’empereur des Mongols, Kubilaï Khan, le petit-fils de Gengis Khan. Ce sera un voyage initiatique. Marco Polo part avec une certaine vision du monde et il va être confronté à d’autres cultures. Il va s’apercevoir que le monde est différent, que chacun a sa vérité, mais que, malgré cela, tous partagent des valeurs. Humour, aventure, chamanisme, dialogue entre les cultures… la pièce est écrite en épisodes qui résonnent avec l’actualité. Quand ils rencontrent l’empereur, celui-ci leur confie que la seule façon de gouverner en paix, c’est que chacun puisse pratiquer sa religion sereinement en respectant celle des autres. N’est-ce pas ce qui se passe dans la République ? On voit ainsi Marco Polo évoluer au fil de ses rencontres et des situations auxquelles il est confronté, c’est un message de tolérance.

Vous allez rencontrer des jeunes une semaine avant la représentation. Pourquoi ?

Pour leur expliquer le contexte historique de la pièce qui se déroule en 1271. Ils pourront ainsi être plus sensibles aux messages qu’elle entend faire passer.

Qu’est-ce que ça vous apporte de jouer devant ce public ?

Nous aimons rencontrer les gens qui ne connaissent pas forcément le théâtre. C’est agréable aussi d’échanger avec des jeunes qui vont poser des questions simples sur la pratique du théâtre. Nous revenons aux bases de notre métier. C’est aussi parfois plus gratifiant que de jouer sur une scène classique avec un public averti, voire blasé… Puis, transmettre notre passion, et plus encore parfois, susciter des vocations, c’est une réelle satisfaction !

 

Crédit photos : Roxane PETITIER

 

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